Méthodes de mise en conserve qui ne sont pas sécuritaires
La position de Bernardin est qu'il n'existe pas de raccourci sécuritaire en mise en conserve maison, et que le traitement thermique des aliments très acides dans une marmite à l'eau bouillante et des aliments peu acides dans un autoclave, pour la durée appropriée à l'aliment et au format du bocal, sont les seules méthodes actuellement approuvées pour une mise en conserve maison sécuritaire. Tout le reste de cette page est une méthode qu'ils nomment précisément comme défectueuse, non sécuritaire ou potentiellement dangereuse. Ce sont la conserve avec anneaux de caoutchouc et couvercles de verre, le scellement à la paraffine, la méthode du kettle ouvert, la conserve au four, la conserve à la vapeur, la conserve au micro-ondes, l'usage d'une scelleuse sous vide au lieu du traitement thermique, et le fait de retourner les bocaux ou de les envelopper dans des couvertures pour qu'ils scellent. Les recettes publiées avant 1988 sont antérieures aux consignes actuelles et peuvent porter ces méthodes. Si vous avez sur une tablette des bocaux traités par l'une de ces méthodes, ils n'ont jamais reçu de traitement thermique à une durée éprouvée, et la conduite sécuritaire est de les jeter sans y goûter.
Il n’existe pas de raccourci sécuritaire en mise en conserve maison. C’est la phrase de Bernardin, et la suite trace la ligne dont parle cette page :
Le traitement thermique de tous les aliments très acides dans une marmite à l’eau bouillante et des aliments peu acides dans un autoclave — pour la durée appropriée à l’aliment et au format du bocal — sont les seules méthodes actuellement approuvées pour une mise en conserve maison sécuritaire.
Deux méthodes sont approuvées. Tout ce qui suit est une méthode que Bernardin nomme comme défectueuse, non sécuritaire ou potentiellement dangereuse. Si vous avez déjà mis des aliments en conserve par l’une d’elles, passez à quoi faire de ces bocaux.
Corrigé le 19 septembre 2026 : cette page vous disait de nettoyer après un bocal suspect avec une solution d’eau de Javel — dans la liste d’élimination et de nouveau dans la FAQ. Aucune source que nous détenons ne publie de désinfectant pour cette surface. Les étapes d’élimination de HealthLink BC ne nomment aucun désinfectant : les mains à l’eau chaude savonneuse, puis laver chaque ustensile et chaque surface. Leur fiche est inaccessible depuis nos outils aujourd’hui (HTTP 000); nous suivons donc la formulation que ce site porte déjà sur quarante autres pages, issue d’une lecture antérieure. La page du Québec sur les conserves maison, que nous citons aussi, ne mentionne ni eau de Javel ni chlore. Rien n’a changé quant à l’ensachage, la mise à la poubelle ou le fait de garder le bocal scellé.
Les huit, d’un coup d’œil
| Méthode | À quoi ça ressemble | Pourquoi c’est sur la liste |
|---|---|---|
| Kettle ouvert | Cuire dans un chaudron, verser chaud dans les bocaux, couvercle, attendre le clic | Les bocaux remplis ne sont jamais chauffés ni maintenus à la température qui détruit les organismes d’altération |
| Conserve au four | Bocaux remplis cuits au four au lieu d’une marmite à bain-marie | Les bocaux peuvent casser ou exploser ; la chaleur sèche pénètre lentement et l’aliment n’est pas assez chauffé |
| Conserve à la vapeur | Bocaux sur une grille dans un plat peu profond couvert | La vapeur n’est pas sous pression, la température est inégale, et aucune durée sécuritaire n’existe |
| Conserve au micro-ondes | Appareils vendus pour la conserve au micro-ondes | Non démontrés capables de détruire toutes les bactéries présentes, et ils ne chauffent pas uniformément |
| Scellement sous vide | Une scelleuse qui fait le vide dans un bocal Mason | Aucun traitement thermique, alors les organismes peuvent croître sous le scellement |
| Paraffine | Cire fondue versée sur la confiture au lieu d’un couvercle | La cire se rétracte et forme des trous d’épingle ; la moisissure suit, et la moisissure peut signifier des mycotoxines |
| Retourner ou envelopper | Bocaux à l’envers, ou enveloppés pour refroidir lentement | Atteint rarement une température qui détruit les micro-organismes, et le temps au chaud peut favoriser la croissance |
| Anneaux de caoutchouc et couvercles de verre | Bocaux à étrier, capuchons de zinc, anneaux plats | Taux de défaillance trop élevé pour être recommandés aujourd’hui |
Pourquoi « ça a toujours marché » n’est pas le critère
C’est l’objection à traiter en premier, parce que c’est habituellement la vraie. La grand-mère de quelqu’un a scellé de la confiture sous la cire pendant quarante ans et personne n’est jamais tombé malade.
Bernardin y répond directement, et leur formulation vaut mieux que n’importe quelle paraphrase :
Certaines personnes peuvent connaître de la « chance » avec des méthodes désuètes… puis une année tout se gâte ! Chaque saison de culture est différente. Les bactéries thermorésistantes ne sont pas nécessairement présentes dans chaque produit. SI ces organismes sont absents… et c’est un gros SI… les aliments insuffisamment traités pourraient se conserver. Quand ils sont présents, l’aliment se gâte.
Leur consigne à partir de là tient en une ligne : présumez toujours que ces micro-organismes sont présents.
C’est pourquoi chaque entrée ci-dessus est écrite comme une règle sur la méthode plutôt qu’un jugement sur votre bocal. La méthode ne devient pas sécuritaire parce qu’un lot a survécu ; le lot a survécu parce que les tomates de cette année-là ne portaient pas l’organisme.
La méthode du kettle ouvert
La plus courante des huit, et la plus susceptible de figurer sur une recette familiale manuscrite. Vous cuisez l’aliment dans une casserole ouverte, le versez chaud dans les bocaux, et posez les couvercles tout de suite, en espérant que le scellement se forme au refroidissement.
Bernardin : « La méthode du kettle ouvert n’est pas sécuritaire et n’est pas recommandée pour la conservation des aliments. » Leur raison est que, peu importe la durée ou l’intensité de la cuisson dans le chaudron, les bocaux remplis ne sont jamais chauffés ni maintenus aux températures qui détruisent les micro-organismes d’altération, et l’étape qui chasse l’air du bocal pour former un vrai vide manque complètement.
Ce que ça produit, c’est un couvercle qui a l’air correct. Il peut se creuser, rester ainsi des mois, puis se desceller — ou ne pas se desceller, et n’être qu’un bocal à faible vide d’aliment insuffisamment traité.
Le simple fait d’obtenir des couvercles creusés sur les bocaux n’empêchera pas, en soi, l’aliment de se gâter.
La conserve au four
Bernardin est plus catégorique là-dessus que sur tout le reste de la liste : « Non seulement c’est non sécuritaire, la conserve au four peut être extrêmement dangereuse. »
Deux problèmes distincts. Les bocaux peuvent casser ou exploser sous l’écart de température quand la porte du four s’ouvre — c’est une brûlure et du verre au visage, pas une question de salubrité. Et la chaleur sèche pénètre très lentement un bocal d’aliment, alors le contenu n’atteint jamais une chaleur suffisante assez longtemps. La température du four varie aussi selon la précision du régulateur et la circulation de la chaleur dans ce four-là, ce qui est l’inverse de la température connue et contrôlée qu’une durée de traitement présuppose.
Bernardin liste séparément la stérilisation au four des bocaux vides, comme cause de choc thermique et de bris. Les bocaux se stérilisent dans l’eau, pas au four.
La conserve à la vapeur
À distinguer soigneusement, parce que le nom induit en erreur. Un stérilisateur à vapeur est un plat peu profond couvert : les bocaux reposent sur une grille, l’eau bout dessous, la vapeur circule. Ce n’est pas un autoclave et il n’a rien en commun avec lui sauf le mot.
Ne confondez pas la conserve à la vapeur avec la conserve sous pression… La vapeur dans cet appareil n’est pas sous pression.
La vapeur non pressurisée reste au point d’ébullition, alors elle ne peut pas atteindre les 116 °C que Québec nomme comme la température sécuritaire que seul un autoclave peut atteindre — tout l’intérêt d’un autoclave. Bernardin ajoute que ces appareils ne créent pas un flux de vapeur constant et ne maintiennent pas une température uniforme, alors « il est impossible de savoir si la chaleur a bien pénétré l’aliment ».
Et la consigne pratique, celle qui compte : les durées de traitement des recettes éprouvées sont pour une marmite à l’eau bouillante ou un autoclave. Ne les appliquez pas à un stérilisateur à vapeur — des durées sécuritaires n’ont pas été établies pour lui.
La conserve au micro-ondes
Des appareils ont été vendus pour ça. La réponse de Bernardin tient en une phrase à la fin : « N’utilisez pas ces appareils pour faire des conserves à la maison. »
Leurs objections sont que les appareils n’ont pas été démontrés capables de détruire toutes les bactéries présentes, qu’ils ne chauffent pas uniformément, et que le siphonnage de l’aliment hors des bocaux et les défaillances de couvercle surviennent tous deux.
Le scellement sous vide au lieu du traitement
Celle-ci piège les gens méticuleux, parce que l’appareil fait vraiment ce qu’il annonce. Un accessoire à bocaux sur une scelleuse sous vide fera bel et bien le vide dans un bocal Mason.
Le vide n’est pas la conservation. Bernardin :
Puisqu’il n’y a aucun traitement thermique pour détruire les micro-organismes d’altération et la bactérie du botulisme, ces organismes peuvent croître sous le scellement sous vide.
Un bocal anaérobie scellé à température ambiante n’est pas un contenant neutre — c’est exactement l’environnement que préfère Clostridium botulinum. La revue de Public Health Ontario donne l’enveloppe de croissance : un pH supérieur à 4,6, moins de 2 % d’oxygène, de 4 à 50 °C, et une activité de l’eau supérieure à 0,85. Un bocal d’aliment peu acide scellé sous vide sur une tablette satisfait chacune d’elles.
La recommandation de Bernardin pour l’accessoire : ingrédients secs et denrées non périssables seulement. Farine, riz, haricots secs, café, aliments déshydratés. Rien d’humide, rien destiné à la tablette du garde-manger comme conserve.
La paraffine
Encore vendue, encore dans les vieilles recettes de confiture, et hors de la liste pour deux raisons qui se cumulent.
D’abord, le scellement échoue de façons invisibles. La paraffine fondue couvre la surface et rejoint le bord du bocal, puis se rétracte du verre en durcissant, laissant l’air atteindre l’aliment. Même là où elle paraît solide, elle peut porter des trous d’épingle microscopiques.
Ensuite — et c’est la partie qui surprend — on ne peut pas écumer la moisissure. Bernardin :
La recherche a montré que la croissance de moisissures peut produire des mycotoxines, qui peuvent être très nocives pour la santé humaine. Les mycotoxines peuvent migrer comme des fils invisibles à travers l’aliment jusqu’au fond du bocal. Ainsi, écumer la moisissure de surface n’enlèvera pas les mycotoxines.
Cette phrase est la raison pour laquelle la moisissure sur une conserve maison se jette et ne se sauve jamais, cire ou pas.
Retourner les bocaux, et les envelopper dans des couvertures
Deux versions de la même idée : utiliser la chaleur de l’aliment pour faire le traitement. Retourner les bocaux remplis quelques minutes pour que le contenu chaud stérilise le couvercle, ou envelopper les bocaux chauds dans des linges pour qu’ils refroidissent lentement.
Le constat de Bernardin est qu’un aliment conservé ainsi « atteint rarement, voire jamais, des températures suffisantes pour détruire les micro-organismes ». Et la version couverture est pire qu’inefficace :
Garder les bocaux au chaud dans des couvertures peut, en fait, être dangereux. L’environnement chaud prolongé peut favoriser la croissance bactérienne à l’intérieur des bocaux.
Un refroidissement lent n’est pas un traitement en douceur. C’est du temps passé dans la plage de température où les bactéries croissent.
Anneaux de caoutchouc, couvercles de verre, étriers et capuchons de zinc
Les bocaux anciens — à étrier avec couvercle de verre et anneau de caoutchouc plat, ou capuchons de zinc doublés de porcelaine. Bernardin ne les recommande pas pour la conserve maison aujourd’hui, en raison du taux de défaillance.
Ils sont magnifiques, et ils sont excellents pour l’entreposage à sec, les marinades au réfrigérateur et les fleurs coupées. Ils ne sont pas pour le traitement thermique. Le couvercle SNAP deux pièces existe parce qu’il laisse échapper l’air pendant le traitement puis tient un vide mesurable — un anneau de caoutchouc ne fait ni l’un ni l’autre de façon prévisible.
Les recettes publiées avant 1988
Pas une méthode, mais la raison pour laquelle la plupart de ces méthodes circulent encore.
Les consignes générales de mise en conserve maison ont été mises à jour à la fin des années 1980 pour répondre aux normes actuelles de qualité et de salubrité. Les recettes ou les livres de conserve maison publiés avant 1988 peuvent contenir de l’information désuète qui pourrait affecter la salubrité du résultat.
La ligne de Bernardin la trace à 1988, et c’est donc là que nous la traçons aussi. Un livre d’avant 1988 n’est pas automatiquement faux sur tout, mais c’est exactement là que la paraffine, le kettle ouvert et la conserve au four sont encore écrits comme normaux — et il peut porter des durées de traitement établies pour de l’équipement et des couvercles qui n’existent plus.
Corrigé le 19 septembre 2026 : cette page donnait la limite à 1989 à quatre endroits, alors que la phrase de Bernardin citée juste au-dessus parle des livres publiés avant 1988. L’année est la leur et la nôtre était plus large d’un an. Si vous avez écarté un livre de 1988 sur notre chiffre, la ligne de Bernardin ne le place pas parmi ceux qu’ils signalent — même si un livre de part et d’autre de la limite vaut toujours une vérification contre une édition actuelle, puisque c’est là que les consignes ont bougé.
Cela s’applique le plus durement à une fiche manuscrite. Une recette copiée d’un proche n’a aucune date de publication, alors la méthode qu’elle nomme est le seul indice dont vous disposez.
Ce que nous n’allons pas vous dire
Nous ne pouvons pas vous dire qu’un bocal en particulier fait ainsi est avarié. Ce n’est pas le critère, et ce n’est pas connaissable à l’œil. La toxine botulique est inodore et sans goût ; elle ne trouble pas l’aliment, et un bocal peut être dangereux et avoir l’air parfait.
Ce que nous pouvons vous dire, c’est ce que publie l’autorité : ces méthodes n’ont pas été éprouvées, aucune durée de traitement n’existe pour elles, et la barrière dont dépend un bocal de tablette n’a jamais été établie. Cela tranche sans que personne ait besoin d’inspecter quoi que ce soit.
Quoi faire des bocaux déjà faits ainsi
Traitez-les comme un aliment qui n’a jamais été traité et qui est resté à température ambiante.
- N’y goûtez pas, et n’y goûtez pas pour vérifier. Il n’existe aucune quantité assez petite pour servir de test.
- N’ouvrez pas le bocal si vous pouvez l’éviter. Gardez-le scellé.
- Ensachez-le. Mettez le bocal non ouvert dans un sac à ordures épais, scellez-le, puis mettez-le dans un second contenant étanche avec couvercle.
- Jetez-le dans une poubelle couverte à laquelle votre ménage, vos enfants et vos animaux ne peuvent accéder.
- Nettoyez. Lavez-vous bien les mains à l’eau chaude savonneuse, et lavez chaque ustensile et chaque surface que le bocal ou vos mains ont pu toucher — les étapes de HealthLink BC, qui ne nomment aucun désinfectant.
Comment savoir si une conserve est avariée donne la routine complète d’élimination, y compris quoi faire si un bocal a déjà coulé.
Si un aliment d’un tel bocal a déjà été mangé, n’attendez pas de voir si ça passe. Vision double ou trouble, paupières tombantes, troubles d’élocution, difficulté à avaler, bouche sèche ou faiblesse musculaire — appelez le 911 ou rendez-vous immédiatement à l’urgence. L’antitoxine botulique agit d’autant mieux qu’elle est administrée tôt.
Les deux méthodes approuvées
Pour être complet, puisque toute la page se définit contre elles :
- La conserve à l’eau bouillante — aliments très acides seulement : confitures, gelées, fruits, marinades, et tomates avec acide ajouté. (Quelle marmite acheter.) Une marmite à l’eau bouillante est un grand chaudron profond avec couvercle et grille. Le Complete Book de Bernardin demande un chaudron qui dépasse les bocaux de 7,5 cm (3 po) (p.10) ; l’eau, elle, va 2,5 cm au-dessus des couvercles (p.7), soit le bas de la fourchette de 1 à 2 pouces que donne leur site.
- La conserve sous pression — la seule méthode sécuritaire pour les aliments peu acides : légumes, viandes, volaille, fruits de mer, soupes. Elle atteint 116 °C ; une marmite à l’eau bouillante ne le peut pas.
Ce schéma montre l’équipement, pas la méthode. Il est là pour vous aider à distinguer un autoclave d’un autocuiseur. La hauteur d’eau, les durées de traitement et les pressions viennent de votre recette éprouvée et du manuel de votre appareil — pas de ce dessin.
- 1. La jauge. Un autoclave doit atteindre et maintenir une pression précise : il porte donc une jauge à cadran qui mesure la pression interne, une soupape à poids qui se met à sautiller à 5, 10 ou 15 lb, ou les deux. Bernardin publie une table d’altitude distincte pour chaque type, alors la jauge que vous possédez détermine la table à suivre. Dessiné sur l’autocuiseur : une tige indicatrice de pression, qui vous dit que l’appareil est sous pression et non à quelle pression il se trouve.
- 2. Le tuyau d’évacuation. Laissé ouvert au départ, la vapeur s’en échappant pendant 10 minutes avant que la pression ne monte. Cela chasse l’air qui abaisserait autrement la température réellement atteinte par les bocaux. Dessiné sur l’autocuiseur : une soupape d’étanchéité, qui ferme l’appareil au lieu de le purger.
- 3. La grille. Une grille à conserves tient les bocaux au-dessus du fond pour que l’eau circule dessous et que le verre ne repose jamais sur la chaleur directe. Dessiné sur l’autocuiseur : un trépied, qui sert à sortir les aliments du liquide.
- 4. Le format. Un autoclave est conçu autour du bocal — assez haut pour que des bocaux remplis tiennent debout, couvercle verrouillé, et assez large pour en contenir une fournée. La ligne pointillée marque où arrive le rebord de l’autocuiseur dessiné.
Un autocuiseur peut fort bien partager certaines de ces pièces, et c’est là le piège. Ce n’est pas la quincaillerie qui l’empêche de servir de substitut. La position publiée de Bernardin est que le traitement thermique des aliments très acides dans une marmite à l’eau bouillante et des aliments peu acides dans un autoclave sont les seules méthodes actuellement approuvées pour une mise en conserve maison sécuritaire — et leurs durées de traitement éprouvées ont été établies dans ces deux appareils. Il n’existe aucune durée éprouvée à appliquer à un autre appareil.
Vous n’avez pas besoin d’acheter une marmite à bain-marie conçue pour ça afin de bien faire la première — voir la conserve à l’eau bouillante sans marmite à bain-marie, qui est le propre conseil de Bernardin et non un contournement.
Pour aller plus loin
- Comment savoir si une conserve est avariée — l’inspection et les étapes complètes d’élimination
- La moisissure sur une conserve maison — pourquoi l’écumer n’est jamais la réponse
- Le botulisme : ce que tout conserveur canadien doit savoir — l’organisme pour lequel ces règles existent
- La conserve à l’eau bouillante sans marmite à bain-marie — la méthode approuvée, sans rien acheter
- Comment nous citons nos sources (en anglais) — pourquoi Bernardin et non le premier blogue venu
Ajustement selon l’altitude
Les temps de traitement au bain-marie sont écrits pour les altitudes jusqu’à 305 m. Au-dessus, l’eau bout sous 100 °C et le temps indiqué dans la recette ne suffit plus. Repérez votre altitude, puis ajoutez les minutes publiées par Bernardin pour cette bande.
| Altitude (m) | Altitude (pi) | À ajouter au temps de traitement |
|---|---|---|
| 0 – 305 | 0 – 1 000 | Aucun — utilisez le temps de la recette tel quel |
| 306 – 915 | 1 001 – 3 000 | +5 minutes |
| 916 – 1 830 | 3 001 – 6 000 | +10 minutes |
| 1 831 – 2 440 | 6 001 – 8 000 | +15 minutes |
| 2 441 – 3 050 | 8 000 – 10 000 | +20 minutes |
À la limite entre deux bandes, arrondissez vers la bande supérieure. Traiter un peu trop longtemps est sans danger; pas assez ne l’est pas.
Les tables publiées par Bernardin s’arrêtent à 3 050 m.
Trouvez votre ville canadienne · Guide complet de l’altitude
Chiffres tirés de Bernardin, « How do I can at a high altitude? » (bernardin.ca). Confirmez dans votre propre édition de Bernardin avant de commencer — une édition papier et le site web peuvent différer.
Foire aux questions
Pourquoi une méthode qui a marché pour ma grand-mère compte-t-elle comme non sécuritaire ?
Parce que marcher une fois n'est pas la même chose qu'être fiable, et Bernardin le dit en toutes lettres : certaines personnes connaissent de la chance avec des méthodes désuètes, puis une année tout se gâte. Chaque saison de culture est différente et les bactéries thermorésistantes ne sont pas présentes dans chaque produit. Si elles sont absentes — et c'est un gros si — un bocal insuffisamment traité peut se conserver. Leur consigne est de toujours présumer que les organismes sont présents. Les consignes générales de conserve maison ont été mises à jour à la fin des années 1980, alors un livre ou une recette publiée avant 1988 peut porter une méthode qui n'est plus considérée comme sécuritaire.
Puis-je utiliser un autocuiseur électrique ou un multicuiseur pour faire des conserves ?
Pas pour des conserves de tablette. La phrase de Bernardin est que le traitement thermique des aliments très acides dans une marmite à l'eau bouillante et des aliments peu acides dans un autoclave sont les seules méthodes actuellement approuvées pour une mise en conserve maison sécuritaire, et un multicuiseur électrique n'est ni l'un ni l'autre. C'est une position publiée plutôt que notre déduction, et c'est le même raisonnement qui écarte les appareils à micro-ondes qu'ils nomment précisément. Les durées de traitement éprouvées de Bernardin ont été établies pour une marmite à l'eau bouillante ou un autoclave ; il n'existe aucune durée éprouvée à appliquer à un autre appareil.
J'ai retourné mes pots de confiture et ils ont scellé. N'est-ce pas une preuve ?
Non. Un couvercle qui se creuse n'est pas la preuve d'un traitement thermique. La formulation de Bernardin est que le simple fait d'obtenir des couvercles creusés n'empêchera pas, en soi, l'aliment de se gâter — un scellement formé par la chaleur résiduelle peut être un vide faible qui cède plus tard sur la tablette. Ils vont plus loin sur la version couverture : un aliment gardé au chaud dans des couvertures atteint rarement, voire jamais, des températures suffisantes pour détruire les micro-organismes, et l'environnement chaud prolongé peut favoriser la croissance bactérienne à l'intérieur des bocaux.
Qu'est-ce qui cloche avec un stérilisateur à vapeur ? Il utilise la vapeur comme un autoclave.
La première ligne de Bernardin là-dessus est de ne pas confondre la conserve à la vapeur avec la conserve sous pression. La vapeur d'un stérilisateur à vapeur peu profond n'est pas sous pression, alors elle n'atteint jamais les 116 °C que Québec nomme comme la température sécuritaire que seul un autoclave peut atteindre. L'objection déclarée de Bernardin est que ces appareils ne créent pas un flux de vapeur constant et ne maintiennent pas une température uniforme, alors il est impossible de savoir si la chaleur a bien pénétré l'aliment, et que des durées de traitement sécuritaires n'ont pas été établies pour cette méthode.
Puis-je gratter la moisissure d'une gelée scellée à la paraffine ?
Non, et c'est la partie que la plupart des gens n'ont jamais entendue. Bernardin déclare que la croissance de moisissures peut produire des mycotoxines, que celles-ci peuvent migrer comme des fils invisibles à travers l'aliment jusqu'au fond du bocal, et qu'écumer la moisissure de surface ne les enlèvera pas. La paraffine se rétracte du verre en durcissant et peut porter des trous d'épingle microscopiques, alors l'air atteint l'aliment de toute façon. Un bocal moisi se jette, il ne se sauve pas.
Un accessoire de scelleuse sous vide pour bocaux Mason est-il sécuritaire ?
Pour les denrées sèches, oui. Pour la conserve, non. La formulation de Bernardin est que, puisqu'il n'y a aucun traitement thermique pour détruire les micro-organismes d'altération et la bactérie du botulisme, ces organismes peuvent croître sous le scellement sous vide, et que les scelleuses sous vide ne sont pas des substituts sécuritaires à un traitement thermique adéquat. Leur propre recommandation est de ne les utiliser avec des bocaux de conserve que pour les ingrédients secs et les denrées non périssables — farine, riz, haricots secs, café.
Que dois-je faire des bocaux que j'ai déjà faits ainsi ?
Traitez-les comme un aliment non traité laissé à température ambiante. N'y goûtez pas pour décider — la toxine botulique est inodore et sans goût, alors y goûter ne vous apprend rien et risque tout. Scellez chaque bocal non ouvert dans un sac à ordures épais, puis dans un second contenant étanche, et mettez-le dans une poubelle couverte hors d'atteinte de votre ménage et de vos animaux. Lavez-vous bien les mains à l'eau chaude savonneuse, et lavez chaque ustensile et chaque surface que le bocal ou vos mains ont pu toucher. Notre page sur comment savoir si une conserve est avariée donne la routine complète d'élimination.
Sources
- Bernardin Home Canning — Home canning FAQ (https://www.bernardin.ca/en/how-to-can/faq.htm)
- HealthLink BC — Home canning: How to avoid botulism, fiche n° 22 (https://www.healthlinkbc.ca/healthlinkbc-files/home-canning-how-avoid-botulism)
- Québec — Conserves maison : préparation et prévention (https://www.quebec.ca/sante/alimentation/salubrite-aliments-prevention-risques/salubrite-aliments-domicile/preparation-aliments-cuisson-securitaires/conserves-maison)
- Public Health Ontario — Home canning: literature review, 2014 (https://www.publichealthontario.ca/-/media/documents/h/2014/home-canning.pdf)